lundi 7 mars 2011

Le livre d'Aslan

 (Frontières, 1971) Auteur : Valéry D'Amboise

Avertissement : Cette chronique ne contient aucune mention de matériel de papeterie, aucune référence au Viandox ou a des sujets pouvant choquer les plus jeunes, comme la congélation in vivo de chinchillas ou la sédentarisation forcée des basques. Si vous craignez néanmoins d'être offusqué par la vue de jeunes femmes dénudées dans des poses suggestives, cliquez plutôt ici.


couverture
4eme de couv.


Aslan, alias Alain Aslan, aliasas (ce mot n'existe pas, mais il devrait) Alain Gourdon, est un artiste qui a marqué les esprits de ses contemporains, en particulier entre 1963 et 1981, époque où il dépeint chaque mois une jeune femme parée de ses plus beaux atours pour le mensuel culturel Lui.

L'ouvrage, résolument avant-gardiste, se situe dans un futur hypothétique alors fort lointain, mais qui commence à se rapprocher singulièrement, comme l'indique cet avertissement situé au début. 




Ce recueil, édité alors que le peintre était au sommet de son art, nous dévoile non seulement les charmes de bon nombre de jeunes modèles ravissants, mais surtout nous en dit plus sur les multiples facettes de cet artiste, qui sera nommé commandeur des Arts et des Lettres en 2003.


Mais d'où viennent toutes vos idées ? - Je regarde autour de moi.


Aslan, par le style, s'inscrit dans la lignée du belge Marcel Marlier. Le célèbre illustrateur de Martine avait en effet une technique picturale similaire, une pareille maîtrise du grain de peau, et un attrait comparable pour les demoiselles en petite culotte. Mais Aslan choisit ses modèles avec dix à vingt ans de plus, probablement pour des raisons de commodité, la législation étant en France particulièrement tatillonne lorsqu'il s'agit de faire travailler des mineurs.

Martine, 5 ans, par Marcel Marlier
La même environ 16 ans plus tard, par Aslan

On note qu'Aslan est nettement moins à l'aise que Marlier pour peindre fleurs et animaux.


On se souviendra qu'à cette époque, antérieure aux réformes hardies d'un Valéry Giscard d'Estaing, la majorité était en effet à 21 ans, comme nous le rappelle cette poésie :




Il s'agit bien d'un livre d'art, et la plume de l'auteur est aussi vive et leste que le pinceau de l'artiste.

 Les compilations de pin-ups peintes par les doigts habiles d'Aslan sont nombreuses et très recherchées par de nombreux "amateurs d'art" (terme générique désignant des individus assumant avec difficulté leur penchants libidineux). Mais le "Livre d'Aslan" est beaucoup plus qu'un simple recueil de filles dénudées (d'où sa probable absence de réédition).



Aslan en famille : images rassurantes pour ceux qui l'imaginaient passant ses soirées dans des lieux interlopes.






On y découvre par exemple la véritable passion d'Aslan pour les bustes, et pas seulement ceux qu'on imagine.


 Quelle magnifique paire.




Le talent de sculpteur d'Aslan fut même reconnu par l'Etat, qui lui confia la commande de la Marianne officielle en 1970.


Brigitte Bardot  Mariannisée par Aslan. Aslanisée serait plus juste.

Mais la plus grande part de cet ouvrage est, heureusement pour l'amateur de littérature, constituée de fort jolies poésies. Place au texte :

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Difficile d'imaginer meilleure illustration pour cette patriotique tirade.


Cette Christel a une plastique pour le moins austère.


Oui, le texte est parfois empreint d'une sombre mélancolie, à laquelle répond ce noir chapeau de Zorro.




La dernière partie du "Livre d'Aslan" nous montre son talent de portraitiste. Nous vous en livrons ici quelques extraits (nous avons volontairement décidé de ne pas montrer Marie Curie, sœur Térésa et Demis Roussos)



L'interprète de "This wheel's on fire" et celle de "Sylvie Vartan chante pour les enfants volume 1 et II" comme vous ne les avez jamais vues (probablement)




La compagne de Michel Berger et celle de Stan Laurel ont également posé pour Aslan




Elle a chanté "Ouki Kouki" : une autre bonne raison d'aimer Sheila.












Qu'ajouter à ces images ? Refermons ce livre avec délicatesse et efforçons-nous de penser à autre chose.
Par exemple, en nous concentrant sur cette photo pendant 17 minutes :






Note de l'Hippopotable : ****
Un ouvrage indispensable



9 commentaires:

Ysabeau a dit…

J'aurais tout de même bien voulu voir le portrait de Demis Roussos, bon sang.

jerome a dit…

C'est facile de peindre la beauté féminine en petite culotte mais qu'en est-il de retranscrire la beauté politique en grand slip? Est-il possible de suggérer à Monsieur Aslan, qui doit vous avoir en sympathie, de portraiturer nos gourous du gouvernement dans ce même genre de situation, tels Valéry G. d'E., Raymond B. ou encore Georges M. ? D'avance merci, je sais que cette doléance trouvera grâce à vos yeux.

Virginie a dit…

En cette journée de la femme, une pensée pour celles qui résistent à la pression de leur homme pour qu'elles se fassent gonfler la poitrine et aussi pour celles qui luttent contre le cancer du sein.

Vieux briscard a dit…

Mais pourquoi Mademoiselle Vartan a la tête plate ?

Cédric a dit…

Je ne vous savais pas friand de ce genre de littérature !

Paul a dit…

Je vais voir ce que je peux faire (ceci es une réponse, mais à qui ?)

aglagla a dit…

Au commentaire de l'arbre mort je n'en pouvais presque plus. Le chapeau de zorro m'a achevée.

moufle a dit…

je trouve quand même que le noir et blanc apporte de la profondeur a la denière photo :
http://3.bp.blogspot.com/_AuPoOCVtSzM/S0qixp6EJwI/AAAAAAAABX0/eEyawU1-e9Y/s400/Hitler+with+young+Nazis.jpg

Li-An a dit…

Aslan a quand même fait une couverture de Métal, peu peuvent s'en vanter...
Mais je suis assez surpris par le choix des illustrations qui semblent un catalogue des pires réalisées par le monsieur.