dimanche 5 novembre 2006

L'homme dans le monde moderne

(Casterman, 1960-1971 )
Auteur : anonyme

Note de l'Hippopotable : ****



"Globerama" : un nom qui fleure bon les années 60, et le nom d'une collection d'encyclopédies illustrées pour la jeunesse.
Cet ouvrage en en sans conteste le plus ambitieux, le plus beau et le plus étrange. Tandis que les autres volumes de la série abordent des sujets classiques tels que la nature, l'histoire et la géographie, "L'Homme dans le monde moderne" se veut rien moins qu'un panorama exhaustif des sociétés humaines et de leur organisation, à travers les âges et les lieux, et dans leurs moindres détails.


"Les besoins humains"


Bien avant les "infographies" supposées rendre limpide le plus abscon des sujets, "L'Homme dans le monde moderne" tente de rendre compréhensibles des notions aussi complexes que le système politique britannique ou l'agriculture soviétique à l'aide de vastes schémas.


"La spécialisation du travail"

"Les formes de gouvernement"


On le voit, cet objectif de clarté est un échec cinglant.
Le parti-pris de ne mettre aucun texte dans les schémas, peut-être dicté par des impératifs techniques (il s'agit d'une coédition internationale, et imprimer les traductions dans plusieurs langues aurait sans doute été compliqué sur ces illustrations), rend ceux ci particulièrement incompréhensibles (à l'instar de la présente phrase).



"Les relations entre la ville et la campagne"

Mais de cette complexité nait une forme de beauté et même de poésie à laquelle l'équipe de la Bibliothèque Idéale de l'Hippopotable est particulièrement sensible. Comme le dit Jacques Courtois, "C'est beau comme de la peinture moderne". Et René Leduc d'ajouter " ou comme un jeu vidéo des années 90".


J.Torres-García. 1932.



Paul Klee, 1920



Sid Meier, Civilization, 1991




Un ouvrage indispensable

4 commentaires:

pita a dit…

Mais je le veux ce bouquin!
;-D

Paul a dit…

Ah ! Ah ! Ah !
Un livre que Pita ne connaissait pas. Mon triomphe est total et ma gloire illumine la blogosphère pour sept fois sept générations !

Philippe M. de Nantes a dit…

Bonjour,
Je ne suis pas d'accord avec l'"echec cinglant"
Au contarire, l'idée de ne pas mettre de légende aux schémas permet à mon sens :

* De se prémunir contre des changements sociaux ou politiques : avec des commentaires différents, ces magnifiques schémas, qui ont demandé tant de travail à leurs auteurs, pourront être réutilisés avec un peu d'adaptation

* De laisser une part d'interprétation au lecteur

* De leur donner un aspect esthétique d'avant garde : encadrés, ils feront sur les murs de votre living-room une décoration bien plus agréables barbouilleurs prétentieux que l'on peut voir accrochés dans certaines galleries

Vivent les schémas sans légende !

Paul a dit…

L'echec à mon sens n'est pas absolu, mais uniquement en rapport avec l'objectif pédagogique affiché au départ. Personnellement je considère en effet cet ouvrage comme une grande réussite.