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mercredi 22 juin 2016

La cuisine merveilleuse et amusante






(Fernand Nathan, 1971) Auteur : Lise MARIN 



A l’heure de la cuisine-réalité et des omelettes moléculaires, il est bon de se pencher sur cet ouvrage à la prometteuse odeur de moisi. Car s’il est courant qu’un livre promette des recettes appétissantes, voire savoureuses, il n’est pas si courant qu’il nous allèche avec une cuisine merveilleuse et amusante



concombre entier, radis noir, vinaigre et poivrons crus : 
voici un saurien qui achèvera de terrifier les enfants amateurs de légumes.



Dès les premières pages, le ton est donné : Lise Marin ne se soucie ni du goût ni de l’esthétique, elle met sa créativité toute entière au service d’une cuisine figurative, mi naïve, mi niaise, que l’on peut qualifier de « scary food ». 


 Une entrée qui réunira les amateurs de jambon blanc et les électeurs de Patrick Balkany

Chaque recette explore une facette différente des loisirs créatifs. Le légume ou la viande se font pigment, feutrine, toile ou papier crépon pour un ravissement des yeux et de l’hypothalamus.


Mise en abyme : quand le hot-dog achève sa métamorphose en teckel. 

On n’imagine pas que des humains vont un jour oser ingérer les plats proposés ici. Il semble même improbable que les lecteurs se lancent véritablement dans leur réalisation. Miracle :  il suffit de savoir que ces recettes existent pour que toute sensation de faim disparaisse.


Tout est permis, alors !

Les dernières recettes de cet ouvrage confinent véritablement au fantastique - dans le sens littéraire du terme. Les fruits se font serpent de mer, et de leurs yeux de réglisse semblent nous mettre au défi de les ingérer. Des fulgurances stylistiques telles que « Epluchez une banane pour en faire un dauphin » révèlent la filiation de ce projet : surréaliste après l’heure, il nous invite à reconsidérer tout ce que nous croyions savoir du « bon goût ».




Note de l’Hippopotable : **** 

    Un ouvrage indispensable

vendredi 31 mai 2013

Auxiliaire moderne de conversation méthodique

(Österreichischer Bundesverlag, 1937) Auteurs : Jeanne Pépiot et Robert Vian



Un manuel de conversation : «  Encore  ? » s’exclament certains auditeurs, lassés (et ils ont leurs raisons)

Oui, mais celui-ci ne se propose pas de vous faire prononcer correctement la langue de Chexpire : il a pour but de vous apprendre les mots les plus usuels de celle de Gueute

Cette entreprise, en soi, est relativement commune. « Pourquoi alors nous déranger en pleine sieste et nous imposer ce pensum teutonomane ? », répliquent les mêmes auditeurs acariâtres.

Parce que cet ouvrage est exceptionnel :
- D’une part en raison de ses magnifiques caractères gothiques qui raviront les amateurs de typographie et de « rock’n roll » neurasthénique.
- D’autre part en raison du choix de ses listes de vocabulaire, qui ravira les amateurs de… heu… eh bien, de tout.

Laissez vous entraîner dans la lecture de morceaux choisis, tel des Walkyries emportées par les flots tumultueux du Rhin, et gageons que vous saurez y trouver quelques brillantes pépites.


Le logis (Das Obdach)

Il semble logique que le voyageur, perdu entre Forêt Noire et vertes prairies de la Ruhr, cherche un toit. Gageons que ces éléments de langage lui seront utiles.



Le Football (Der Fußball)

Nous ne souhaitons pas ici raviver les plaies des heures les plus sombres de l’histoire de deux grandes nations, nous éviterons donc de rappeler certains épisodes douloureux d’un temps heureusement révolu. 

Mais le sport peut aussi servir de trait d’union entre les peuples, surtout aux dépens des Bataves.

Si Patrick Battiston lit ces lignes, qu’il sache tout de même que nous n’avons ni oublié ni pardonné.




L’Apiculture (Die Bienenzucht)

« Lorsque j’entends le mot Apiculture, je sors mon pistolet », disait un fameux homme d’état germain.
Il était donc logique d’inclure un chapitre sur les industrieuses abeilles dans ce manuel de conversation.




La Guerre (Der Krieg)

Il serait déplacé d’associer, une fois de plus, les relations franco-germaniques aux épisodes belliqueux qui ont éprouvé nos deux nations. D’autant plus que nous avons déjà mis la pâtée aux boches par deux fois, et que s’ils nous cherchent, ils nous trouveront.

L’heure est à la réconciliation, aux jumelages et aux échanges scolaires. La liste de vocabulaire suivante sera donc surtout utile pour composer des phrases telles que « Les liens culturel entre nos deux villes constituent le canon à longue portée d’une politique volontariste, qui protégera les générations futures, tel un masque à gaz, des torpilles de la haine et des shrapnels de l’incompréhension ».




Les bonnes manières (Manieren)

Il va de soi que le rapprochement entre les peuples n’est pas fait que de grands discours : c’est à travers de menus gestes que chacun peut manifester son admiration pour le génie du peuple qui a enfanté Schiller, Beethoven, Thomas Mann et Nena.




La Mort ( Der Tod)

Eh oui.



Argot et  parisianismes

Ce sensationnel ouvrage se conclut par une double page entièrement consacrée au langage si fleuri de nos gavroches, titis et apaches. Un chapitre qui à lui seul justifie l’achat de ce manuel.














Note de l'Hippopotable : **** Un ouvrage indispensable

samedi 17 septembre 2011

L'art de photographier la femme

Avertissement : 
Certaines images de ce billet contiennent des coiffures ou des vestes à épaulettes pouvant choquer les personnes nées après 1990.


1984 (SEITEC, adapté de l'anglais ) Auteur : anonyme
Note de l'Hippopotable : ****  


«Femme des années 80, femme jusqu'au bout des seins» chantait le formidable Michel Sardou.

Pour tous ceux et celles parmi nos auditeurs qui n'ont pas eu le bonheur de connaître cette période follement excitante et créative, comme pour ceux qui, l'ayant connue, le regrettent amèrement la lecture de cet album s'impose.






«Que vous désiriez photographier des modèles féminins en tant que photographe professionnel ou tout simplement photographier votre femme, votre petite amie ou votre voisine, ce livre vous expliquera comment vous y prendre», annonce la préface.

Mais cet album est bien plus qu'un manuel : c'est un véritable manifeste, une ode à la féminité et à l'esthétique oubliable des années Duran-Duran.

Afin de nous faire comprendre qu'il s'agit  d'un ouvrage sérieux destiné aux professionnels et amateurs avertis, le livre nous présente du matériel de qualité dès la page de garde :

Le plus simple appareil, ou presque.


Mais n'imaginez pas que cet ouvrage ne comporte que des images de trépieds et de téléobjectifs. Il comporte surtout, et à vrai dire exclusivement, des photographies de femmes. Voilà qui tombe à pic, car à l'Hippopotable, nous aimons les femmes.


Feuilletons maintenant ensemble ce superbe ouvrage.



Le piège s'est refermé sur vous. Vous devez continuer et regarder toutes les photos.





Oui, à une époque de l'histoire de l'humanité, des femmes avaient cette apparence, et cette période n'est pas «il y a très longtemps dans une galaxie lointaine».





Tout dans cette photo, de la pose à la tenue en passant par la coiffure, semble hurler d'une voix stridente «c'est les eighties et vous ne vous en remettrez pas de sitôt» 


La publicité
Le "créatif"travaillant pour une agence "branchée" et vivant dans un "loft" est aux années 80 ce que l'astronaute est aux années 50 et Valery Giscard d'Estaing aux années 70. Il est compréhensible que cet ouvrage consacre de nombreuses pages à ce sujet.






Personne n'a jamais su quel produit était promu par cette photographie.



 On découvre grâce à l'exemple suivant qu'un bon photographe doit être capable de manier objectifs, filtres et autre flashes (ces termes remontent, je vous le rappelle, à une époque antérieure à l'invention du "téléphone malin" qui a remplacé toute cette ferraille antédiluvienne), mais aussi et surtout l'aérographe (un appareil dérivé de la roulette du dentiste, et qui était couramment utilisé avant l'apparition des programmes informatisés de traitement de l'image).
En 1984, les ventes de Suzuki ont augmenté de 23% dans le segment des "amateurs de puzzles avec des dauphins".


La photo érotique

Avouez-le, messieurs : c'est ce chapitre qui, à lui seul, a motivé l'accès à ce billet payant (car le simple fait d'avoir cliqué sur le lien menant à ce blogue vous fait participer à hauteur de 150 NF à nos frais d'archivage)

"Il est important de garder à l'esprit que la photo érotique ne doit en aucun cas faire preuve de mauvais goût", déclare sans rire la première phrase de ce chapitre. La suite n'est qu'une longue illustration du contraire.

 
Ces bottes à elles seules justifieraient le bombardement des années 80 par les décennies voisines, si les actions militaires inter-temporelles étaient possibles.

 
Rahanne, fille des âges pas farouches.



  
(Notre traitement de texte refuse 
de laisser une légende sous cette photo)


 L'ouvrage se termine par un chapitre qui tente d'élever un peu le niveau, déjà si haut que l'oxygène commence à manquer. Il est donc ici question d'art, avec quelques pages intitulées…


A la vue de cette image, on pense en effet immédiatement aux trois B : Breton, Bunuel, Bimbo.




Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi ?




  
 Un autre cliché.








Un ouvrage indispensable

samedi 12 février 2011

La correspondance des Gens du Monde

(Albin Michel, 1926) Auteur : Comtesse de Gencé

 

A l'heure du télex, du téléphone et des surprises-parties, la correspondance postale de nos aïeux peut sembler gentiment désuète, voire inutilement encombrée d'affèteries et de formules alambiquées

Il n'est pas inutile, pourtant, de rappeler aux plus jeunes générations qu'un certain formalisme est souvent gage de respect du destinataire, de clarté de l'expression et d'un style tout de même un peu plus distingué que les «LOL», «PTDR» voire «DTC» dont usent et abusent trop de jeunes gens, ainsi que de moins jeunes qui veulent paraître «à la page». (1)

Puissent les lecteurs de ce blogue s'inspirer avec bonheur des formules citées ici en exemple et les utiliser lors de leurs échanges sur minitel, "CB" ou autre équipements de radio-amateur dont les jeunes d'aujourd'hui sont friands.


 

Un jeune auditeur en train de nous envoyer ce "touite" : «Chers amis de l'Hippopotable, je suis Jean-Michel Borné, de Saint-Philbert-de-Bouaine, et j'apprécie énormément votre blogue. Pouvez-vous m'envoyer une photo de Danielle Génault et de toute l'équipe ? Veuillez croire en mes sentiments les plus cordiaux»



La Comtesse de Gencé, déjà auteur de «L'art d'amuser et de s'amuser», du «Code mondain de la Jeune Fille» et du «Cabinet de toilette d'une Honnête Femme», nous livre dans ce guide, non seulement d'excellents principes générauxNe parlez pas latin, ni anglais, ni allemand : Darling et My Love sont d'un usage prétentieux») mais surtout une multitude d'exemples alliant la précision à un style parfait.

Le correspondant inculte, peu inspiré ou simplement cossard pourra  trouver dans cette masse de lettres déjà fort bien rédigées celle qu'il recopiera telles quelles, en n'omettant pas de substituer aux noms donnés en exemple ceux de ses véritables destinataires.

Voici quelques exemple de messages 
dont on s'inspirera avec bonheur : 

p 292 : Une mère à une dame riche pour l'intéresser à sa misère et solliciter un secours :


Un autre exemple de la vie courante, dont on s'inspirera pour témoigner son admiration, par exemple en commentaire d'un statut spirituel sur un réseau télématique social :


Toutes les situations de la vie courante sont bien entendu envisagées, ainsi les saynètes et sauteries :




Ce sont parfois des détails en apparence anodins qui donnent du lustre à une simple missive. Ainsi, le qualificatif de «Grand sournois» pour désigner le fiancé de la destinataire attire irrésistiblement la sympathie, au moins autant que la promesse d'un menu cadeau qui vient quelques lignes plus bas :





Enfin, ne négligeons pas les formules de politesse originales, telle celle utilisée par Raymond D'Orvis sur cette missive charmante par bien des aspects :



Note de l'Hippopotable : **** Un ouvrage indispensable


(1) Si un auditeur peut nous expliquer la signification exacte de ces acronymes, nous lui en serons reconnaissants, et cela nous permettra peut-être de comprendre la réaction offusquée de la comtesse de Gencé suite à l'envoi  par Raymond Cartier de ce «Texto» : «LOL, je kif tro ton manuel, PTDR DTC »

samedi 18 septembre 2010

Manuel de conversation anglaise à l'usage des Français

 
… avec prononciation figurée". (Verschave-Hourquin, Roubaix, date inconnue) 
Auteur : Miss Doris LYMER


 Les langues : clés de la communication dans le monde moderne. De nos jours, grâce aux microsillons et autres minicassettes, quiconque peut découvrir aisément la prononciation exacte des mots de langues exotiques telles que l'ouïgour, le cingalais, le syriaque ancien ou le corse.
Mais il y a encore quelques décennies, un tel prodige nécessitait le transport de lourds disques de cire et d'un phonographe de plusieurs kilogs.

C'est pourquoi Doris Lymer eut la brillante idée de transcrire au plus proche les sons de l'idiome anglais, dévoilant au voyageur inculte ("dzeu stioupidd traveuleur") les subtilités de la langue de Baden-Powell.

Son court manuel réunit quelques uns des mots et phrases les plus utiles au touriste ou au représentant de commerce désireux de converser avec nos amis les "rosbifs".

Il se présente comme un modeste fascicule, dont les chapitres répertorient les mots usuels, et en donnent une transcription phonétique des plus cocasses ("euh couayte amiouzinng fonétic trandscriptcheun") :
dziss iz euh vairi iouzefoul bouk, izeuntt itt ?

Doris n'hésite pas à nous proposer des phrases plus longues, ardues, et parfois fort spécifiques :

Un exemple de phrase indispensable au voyageur 
(ann aixanpeul ov sentenss couayte iouzefoul for aini traveuleur)


 
On apprécie l'exigence du langage. 
Nous sommes loin de la commande lapidaire au comptoir d'un "Fast-food" !
(ail ame guetingg taillerède ov translaitingg singz layk dzatt)


 Maintenant, à vous de tester vos connaissances !
Serez-vous capable de traduire du phonétique vers le français ces quelques phrases ?
(the fuck with this damn phonetic crap, give me a break now)


1 question 1 : facile

2 niveau 5eme




3 Ça se corse




4 Divertissant au possible :



 
5 Un peu énigmatique :




6 Niveau professionnel :





Le premier auditeur qui nous envoie la traduction complète gagne une jolie image (euh naysse pictchoure).
La solution sera dévoilée inn euh fiou dèyzz.




Note de l'Hippopotable : ****  Un ouvrage indispensable

vendredi 9 octobre 2009

«Medicalia» et «Enquêtes : la médecine et l'amour»

AVERTISSEMENT
Le contenu de la note qui suit est exclusivement destiné aux personnes travaillant dans le domaine médical, ou bien souffrant, ayant souffert ou prévoyant de souffrir d'afflictions telles que la viduité charnelle, l'onanisme morbide ou la tuberculose. Nous déclinons toute responsabilité en cas d'induction de troubles libidineux chez les lecteurs n'entrant pas dans ces catégories.


Enquêtes n°32 - janvier 1955
«La médecine et l'amour»
Edité par V. de Valence, Paris



Medicalia n°2 - 1952
Editions d'Essai de la Connaissance, Paris



Tout un programme.


Membres tendus

«Plaire et instruire» : telle était la devise de la regrettée revue Medicalia. Medicalia avait décidé d'éduquer ses lecteurs, qu'on imagine sous les traits de membres de la faculté des sciences, tout entier tendus vers le progrès et soucieux d'hygiène publique.


Courbes évocatrices

Évitant tout complaisance, cette noble publication ne s'interdisait aucun sujet, même les plus osés, aucun terme, même les plus crus, aucun modèle (dans une tranche d'âge située entre 21 et 35 ans, et avec une plastique irréprochable, car comme l'a dit un grec nommé Platon, «Le premier bien est la santé, le deuxième la beauté»). Les ventes de ce journal furent-elles à la hauteur ? Nous n'avons hélas pu trouver aucune statistique, aucune courbe évocatrice de ce succès (ni le numéro 3 du journal).



Enquêtes ne recule pas face aux sujets les plus austères.



Profondément pénétrés

Quelques années plus tard, le magazine Enquêtes, déjà connu pour de passionnants reportages dans les coulisses du Music-hall parisien et sur les plateaux de films d'art, livrait un numéro spécial sur «la médecine et l'amour», sans doute destiné à un public plus large, mais avec une ambition aussi grande : montrer un nombre considérable de jeunes femmes dénudées sans encourir les foudres des censeurs. Pénétrés en profondeur par la noblesse de leur mission, les rédacteurs et photographes de ce journal réussirent l'exploit d'allier un propos d'une grande tenue intellectuelle à des images d'une qualité graphique époustouflante.



Vous êtes maintenant conscients de la haute tenue éducative de ces publication : place aux citations et aux images !


1- MEDICALIA

Avec des titres d'une certaine tenue littéraire, Medicalia s'impose d'emblée comme une publication exigeante.

Le courrier des lecteurs ne dément pas cette recherche littéraire et culturelle :
Page 14, en réponse à une lettre de Mademoiselle Adrienne L. (page 14), concernant une sienne amie séduite et par un «vilain mufle», le docteur Fouqué a cette jolie phrase : «Les gars animés de mauvaises intentions sont en général prudents en leur épitres comme le serpent qui séduisit notre mère commune (…) Un de ces soirs allez donc voir Faust et méditez la sérénade de Méphisto : "Ne donne un baiser, ma belle, que la bague au doigt" ».

Page 15, Madame Colette K. «demande si Lady Hamilton, la célèbre maîtresse de Nelson, était lesbienne».
En réponse à un autre lecteur, Luc-Philippe, sont convoqués la Légende des Siècles, Flaubert et une strophe de Louis Bouilhet.


L'allaitement au lait de chèvre : un sujet d'hygiène publique traité avec sérieux par "le billet de la doctoresse" de Medicalia (pages 20-25)


Suit «L'Hybride», une fiction scientifique audacieuse signée Jacques Germinal (pseudonyme d'une plume fameuse ?), et un passionnant dossier sur le thème de «L'influence aphrodisiaque de l'Océan», où l'on apprend que «le sel marin, appliqué homéopathiquement, guérit la frigidité féminine», et que «les femmes du bord de la mer sont particulièrement amoureuses, appétentielles, et que leur tempérament et leur saveur augmentent plus on se rapproche de la côte». Ce qui nous est confirmé par nos auditeurs de la Bourboule.

Page 37, la rubrique l'Etude clinique est consacrée aux «Pubertaires : les tôt formées» et détaille le cas d'une jeune fille de 13 ans à laquelle La Doctoresse préconise «le scoutisme, excellent en pareil cas, et l'emploi intensif des hormones masculines en injections intramusculaires», et se conclut par ce conseil «Dès qu'elle atteindra l'âge légal, mariez la demoiselle qui a besoin de devenir une madame et une maman» (rappelons que cet âge était alors de 15 ans).


Une agréable pause dans ce déluge d'informations littéraires et scientifiques est proposée au lecteur pages 38 à 41 sous la forme d'un reportage sportif :


«La jeune femme qui illustre cette chronique a parcouru des milliers de kilomètres sur les fleuves, les rivières et les canaux et vous constaterez que sa poitrine ne s'en révèle pas moins extrêmement savoureuse»
Exploit d'autant plus remarquable que la délicieuse athlète n'utilise visiblement pas de rames.

Ce numéro de Medicalia serait incomplet sans un haletant dossier intitulé «Amour et tuberculose», dont l'auteur s'engage en ces termes «Je ne crains pas de soutenir que l'amour physique est un facteur de guérison puissant pour le tuberculeux s'il sait se sublimiser.»


Ce numéro de Medicalia se conclut par cette double injonction :






2- ENQUETES


En ce qui concerne la revue "Enquêtes", la seule photographie ayant un rapport autre qu'anatomique avec la médecine est celle de cette jeune personne portant un flacon de Borate de Soude.

Le niveau d'exigence littéraire et scientifique d'Enquêtes est clairement inférieur à celui de Medicalia : le seul auteur cité est Jules Romains (mentionné à deux reprises dans des articles différents) , et c'est l'organe (vocal) de Tino Rossi qui est donné en exemple de la voix, facteur sensoriel d'éveil au désir.





NDLA : La rédaction de la Bibliothèque Idéale cherche à se procurer les numéros 9 (la Femme et la Neige), 13 (L'île des nudistes) et 29 (L'amour en Allemagne).



Note de l'Hippopotable : ****



Deux ouvrages indispensables